French Tech : « Beaucoup de groupes français choisissent le Brésil comme centre d’innovation »

22/05/2018 | La Tribune

Fin 2016, la French Tech a mis en place le programme international des « French Tech Hubs » dans de grandes métropoles d’innovation dans le monde. Le cas du Brésil expliqué par Aline Bros, directrice du hub French Tech à Sao Paulo.

C’est dans le cadre de ses études, curieuse du fonctionnement des banques solidaires et de la cryptomonnaie, qu’il y a quatre ans Aline Bros a décroché une mission à Fortaleza, à Banco Palmas. «  Dans les années 2000, Banco Palmas avait lancé sa monnaie locale et réussi à développer un écosystème économique local (dont la renaissance des commerces de proximité) dans une favela située près de Fortaleza. Ce fut un niveau de développement important et ce grâce à un outil : une monnaie. Cette favela ressemble aujourd’hui davantage à un quartier populaire qu’à une favela ».

Afin d’engager les jeunes de la favela dans leur communauté, est née une école de programmation, Palmas Lab. La première étape fut l’apprentissage de création d’applications, confie-t-elle. « Aujourd’hui les équipes créent de la donnée sur la communauté, chose que les enquêteurs démographiques n’étaient alors pas en mesure de faire, notamment pour des questions de sécurité ».

Appuyer la communauté des entrepreneurs français

Quelques mois plus tard, après des allers-retours vers la métropole, elle rejoint la French Tech pour, cette fois, appuyer la communauté des entrepreneurs français. Une communauté volontaire et dynamique au Brésil qui s’implique dans ce hub. « Parce que de nombreux Français étaient installés à l’étranger, la France a lancé un appel à la communauté étrangère. La France a fait le pari de la diaspora. Les entrepreneurs français dans 12 pays ont répondu présents. Ravis et motivés de se réunir et de pouvoir s’entraider, les entrepreneurs français au Brésil font des choses sensationnelles, mais ils sont extrêmement discrets. »

Dans ce soutien aux entrepreneurs, attirer des fonds est une des grandes préoccupations de la French Tech, encore plus au Brésil, où « le taux directeur de la banque centrale était jusqu’à peu de 14% pour redescendre à 6,5%, mais les taux commerciaux n’ont pas suivi » souligne Aline Bros qui précise que « le défi au Brésil est le capital. Faire venir les investisseurs en est un, car il est impossible d’emprunter. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « La France a totalisé l’an dernier 2,6 milliards d’euros, le Brésil sur la même période, a totalisé 850 millions de dollars soit + 20% par rapport à 2016. Plus de la moitié de cette somme a été partagée entre NuBank, 99 Taxis, Créditas et Movile. Au Brésil, il y a eu a peine 100 opérations d’investissements quand 600 ont lieu en France », explique-t-elle.

70 startups françaises au Brésil

Il existe 70 startups françaises au Brésil, la moitié sont des filiales d’entreprises françaises, comme Webedia lancée par Cyrille Reboul en 2013. Webedia compte plus de 400 employés entre Rio et Sao Paulo et ceci en partie grâce aux acquisitions des sites Tudogostoso (site de recettes) et Adorocinema, et après avoir séduit les youtubeurs stars du pays… « La première génération de startups était dédiée au e-commerce, depuis, d’autres sont nées dans le Ad commerce, la logistique… » L’autre moitié est composée de startups créées par des Français au Brésil, comme Loggi, le service de coursiers piloté par Fabien Mendés ou encore le site de vente en ligne de vêtements Dafity cofondé par Thibaud LECUYER ou Zarpo l’agence de voyages premium en ligne créée par Eloi Déchery.

Mettre en relation les entrepreneurs avec les réseaux locaux, se nourrir des expériences entrepreneuriales des uns et des autres, expliquer le fonctionnement du pays, prévenir des lourdeurs de la bureaucratie locale ou de simples différences culturelles font partis des missions de ce hub. « Un site de e-commerce qui se lance sans ce mode de paiement utilisé spécifiquement au Brésil appelé « boleto » va perdre six mois. Les retours d’expériences synthétisés tout comme l’accès au réseau sont primordiaux pour lancer sa startup au Brésil », raconte Aline Bros.

Trouver les talents qui ne sont pas formés

L’autre défi pour les entrepreneurs français et brésiliens est de trouver les talents qui ne sont pas formés en nombre suffisant. En effet, les profils de développeurs, de datascientist à chief technical officer, sont très recherchés.

« Le Brésil compte 210 millions de personnes, early adopters, beaucoup de groupes français et internationaux choisissent le Brésil comme centre d’innovation. Ils testent ici et appliquent sur d’autres marchés. Caixa Seguradora avec CNP assurances a lancé la startup d’assurances en ligne qui s’appelle Youse. » conclut Aline Bross.

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Le défi 4.0 du Brésil à .Futuro

23/05/2018 | La Tribune

La semaine dernière à Rio, lors de la conférence .Futuro, la scène économique brésilienne et internationale a dressé le bilan des impacts de la technologie sur les entreprises et la société. Quelles solutions envisage-t-elle pour réaliser cette transformation numérique ?

400 personnes ont participé les 17 et 18 mai à la seconde édition de. Futuro intitulée « Innovate to shape your future » durant laquelle plus de 50 professionnels (entreprises, institutions, startups) ont pris la parole afin de débattre de la façon dont la technologie crée un nouvel avenir pour la société et les entreprises. Impacts et solutions ont été évoqués sur quatre niveaux : société, créativité, structure et technologie.

Impact de la technologie sur la société

Nous devons voir la technologie plus largement, comme un processus d’évolution, car aujourd’hui « des entreprises grâce aux algorithmes, sont en mesure de prédire et éviter un hacking par exemple. La flexibilité et l’adaptabilité sont des caractéristiques que le numérique a apporté à notre ADN et à notre façon de penser », a expliqué Camila Ghattas, futurologue et cofondatrice du cabinet Diip, lors de. Futuro où il a été question également « d’accélération technologique ». En effet, l’étude, réalisée par .Futuro/ HSR Specialists Researchers, montre que 46 % des dirigeants brésiliens et 68 % de la population en général, se perçoivent anxieux et plus impatients. Ils estiment que l’accélération entrave le processus de créativité : 13 % des dirigeants affirment que la pression et l’anxiété aident à la créativité. Ils sont 83 % (vs 92 % de la population) à noter que l’obsolescence des produits et services est plus rapide. Pour respectivement 68 % et 42 % des dirigeants, l’ère de la technologie et de l’information a rendu les gens plus agiles, plus fluides, plus intelligents, plus intéressants. Enfin, 47 % des chefs d’entreprises contre 68 % estiment que plus le monde est rapide, plus les gens deviennent créatifs et innovants.

Le futur impact positif de la blockchain

Pour André Miceli, fondateur d’Infobase, professeur et coordinateur du MBA de Marketing Digital de la Fundação Getúlio Vargas (FGV), la blockchain est l’une des innovations les plus importantes et aura à terme un impact positif sur la société. Son développement et son utilisation permettront une transparence qui, sur le plan social et politique, pourra améliorer la confiance de la population face aux gouvernements.

Si cette transformation numérique passe par la connaissance, la compréhension et la maîtrise des nouvelles technologies, elle passe aussi par la formation et la faculté de s’entourer des bons talents. Ce fut le propos de Marcelo Sales, fondateur de Movile qui détient notamment iFood (le UberEats brésilien) qui réalise 7 millions de commandes par mois, la billetterie digitale Sympla et a investi 18 millions de dollars dans la fintech avec l’acquisition de la plateforme de paiement en ligne Zoop. L’entrepreneur a expliqué que la clé du succès résidait dans la capacité à développer une vision, à innover pour rester dans la course. C’est ce que Marcelo Sales a fait avec Movile, en créant Sympla et en déployant une politique d’acquisition éclairée. Mais, pour lui, la recherche de talents est la responsabilité entière des dirigeants et ne doit pas être déléguée aux services RH ou chasseurs de têtes. C’est pour les Pays-Bas que l’homme d’affaires s’envolait pour recruter ses prochains talents.

Un écosystème économique dynamique et en marche !

Tous les ingrédients sont réunis pour parfaire cette transition numérique au Brésil. Le BNDES (Banco Nacional de Desenvolvimento Economica e Social) dans un rapport prospectif intitulé « Visão 2035, Brasil paÍs desenvolvido » (Vision 2035, le Brésil, un pays développé) propose un agenda de propositions sectorielles (21 secteurs) composé de mesures visant selon trois scénarios à « déverrouiller », « améliorer » et « transformer » l’économie du Brésil. Selon la banque, la réalisation du scénario dit de « transformation » nécessitant des investissements dans tous les secteurs (dans l’appareil et les méthodes de production, en formation, en recherche et développement, dans l’éducation…) engendreraient jusqu’à l’horizon 2035 une croissance annuelle du PIB de 3,9 %.

Un engagement social fort

Un défi qui, dans le contexte économique et politique actuel, est ambitieux, mais plus qu’envisageable dans un pays où la créativité est supérieurement importante et l’engagement social fort. Les créations de services digitaux tel que Banco Maré  en témoigne. Banco Maré propose une solution de microfinance solidaire pour les populations « débancarisées ».

Début 2018, le Brésil a décroché trois licornes : 99 Taxi racheté par Didi Chuxing, la solution de paiement en ligne Pag Seguro et Nubank, la banque digitale. D’autres sont attendues, Movile, Loggi, la plate-forme de livraison express franco-brésilienne ou encore Cargo X, le Uber du transport routier seront-elles les prochaines ? Il est temps de regarder en direction du géant de l’Amérique latine, où Google a installé son sixième campus (São Paulo) et Facebook son premier centre d’innovation.

Comme l’expliquait lors de. Futuro I Rio le futurologue Gil Giardelli, fondateur de Era 5 : « Le Brésil possède une industrie forte et de pointe. Ce qui nous manque, c’est une stabilité politique et un projet de nation impulsé par le gouvernement ».

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Paris de Janeiro : le beachwear brésilien s’invite pendant trois semaines à Paris

23/05/2018 | Fashion Network

Le Brésil et les créateurs de beachwear cariocas s’invitent à Paris du 25 mai au 17 juin. Intitulé « Paris de Janeiro », l’événement prendra la forme d’un pop-up de 140 mètres carrés au 126 de la rue de Turenne, dans le Haut Marais.

C’est la seconde fois que l’agence Paris de Janeiro, qui tisse des liens créatifs entre Brésil et France, propose un pop-up store dans l’Hexagone. Fondé par Nadine Gonzalez (aussi fondatrice de l’école de mode Casa 93 à Saint-Ouen) et Céline Fakhouri, le concept franco-brésilien rassemblera cette fois dix créateurs brésiliens (Emi, Zsolt, Barbarah, Helena Pontes, Bossa Social, Manu Manu, Marju, Nidas, Tai Dai et les bijoux Annaka), tous spécialistes du bikini, du vestiaire et des accessoires de plage et dont les collections revendiquent l’écoresponsabilité.

Soutenu par le collectif de marques brésilien Candarai 25, qui promeut et accompagne la jeune création brésilienne à travers l’organisation de pop-up stores notamment à Rio et Sao Paulo, mais aussi par plusieurs organisations gouvernementales et semi-gouvernementales du pays, l’événement présentera au cours de ces trois semaines différentes animations à l’image de workshops beauté en partenariat notamment avec la marque star au Brésil Granado.

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